Cocq’s Arts Festival

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Dans un petit coin isolé, une cabine de photomaton m’invite à prendre place. Je soulève le rideau, m’installe sur le petit tabouret. Face à moi, en lieu et place de l’écran habituel d’où nous viennent les instructions, un rideau fermé. A ma droite, un casque mis à ma disposition. Je l’enfile. Une agréable voix féminine me donne l’indication suivante : « Bienvenue au Motmaton. Veuillez choisir une lettre et la glisser dans la fente. » Je remarque à ce moment-là une série de lettres de scrabble disséminées sur une petite réglette suspendue devant moi. Je saisis la première lettre de mon prénom, un « n », que je glisse dans la fente comme demandé. Cette même voix automatique me prie alors de patienter le temps de l’opération (le tout sur un air de musique évoquant les années 20). Quelque chose se prépare. Je sens de l’agitation derrière le rideau toujours fermé.

Mais le voilà déjà qui s’ouvre et que se révèle à moi une jeune femme en chair et en os, toute immobile et dont l’absence d’expression du visage m’évoque ces masques blancs de théâtre. Elle me fixe du regard sans dire mot. Un sentiment de malaise s’installe. La distance qui sépare nos visages est si réduite que s’enclenche en moi une alarme m’informant d’une situation anormale : « Alerte. Je suis enfermé dans une boîte en tête-à-tête avec une parfaite inconnue qui me dévisage d’un regard insistant. » Il n’y a même pas de vitre. Je peux presque sentir son souffle sur mon visage. La contiguïté de l’espace est si restreinte qu’il m’est tout simplement impossible de fuir son regard pénétrant. Face à cette confrontation non souhaitée, mon cerveau se met à travailler d’arrache-pied pour adopter la réaction la plus appropriée à cette situation absurde : qu’attend-t-on de moi au juste ? Dois-je rire ? Me contenir ? Le temps s’est mis lui aussi en pause-photo. La situation tourne au supplice. « Trapped » dirait-on en anglais.

Enfin, son regard finit par se détourner du mien. S’est-elle lassée ? A-t-elle obtenu de moi ce qu’elle souhaitait ? Je n’en saurai rien mais je respire à nouveau. La voilà maintenant qui entame un étrange ballet. De son imperméable, elle sort délicatement une petite figurine féminine qu’elle pose délicatement devant moi. Malgré l’espace restreint, ses gestes sont amples, délicats, d’une élégance rare. En l’espace de quelques instants, le malaise s’est dissipé pour laisser place à un sentiment de plénitude. J’ai soudainement conscience d’être le témoin privilégié d’une représentation unique, donnée rien que pour moi. Un vrai moment de grâce, un cadeau du ciel. Tandis que la jeune femme incline légèrement la tête, je lui remarque de fins écouteurs blancs aux oreilles. Nous sommes deux à entendre cette douce mélodie. Je ne suis pas seul dans mon délire musical. Nous vivons un moment de partage.

— La suite de cet article est actuellement en cours de rédaction et sera référencée très prochainement. —

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